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Statistiques sur le terrorisme

delireLe sujet du terrorisme provoque assez facilement des réactions épidermiques et des paniques absolument irrationnelles par rapport à son importance réelle (sans compter les invectives faciles). En ce 11 septembre, voici donc quelques points de comparaison sur le terrorisme en France, par rapport à des causes de décès similaires en terme de risque.

Je compare fréquemment sur les réseaux sociaux le risque terroriste au risque de décès sur les routes lors du week-end de Pâques (généralement ces dernières années aux alentours de 50-100). Les statistiques de long terme sur le week-end de Pâques n’étant pas disponibles, voici une série sur 10 ans comparant les morts du terrorisme et les morts sur les routes au mois d’avril qui inclut généralement Pâques.

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2015 et 2016 sont des années où le terrorisme a frappé de manière particulièrement violente la France et, malgré cette série d’attentats particulièrement meurtriers, le terrorisme ne représente qu’une fraction du nombre de morts sur la route du seul mois d’avril. Pour retrouver des causes de décès aussi peu probables que le terrorisme il va nous falloir devenir originaux.

Le graphique ci-dessous présente le nombre moyen de morts par an pour différentes causes, dont le terrorisme. Par exemple, Air France a subi, en dix ans, un seul accident provoquant le décès de passagers, celui de l’AF 447 qui tua 228 personnes. Comme le terrorisme, les accidents d’avion sont une cause de décès assez marginale mais ils tuent de nombreux passagers en une fois, sans que ceux-ci puissent faire quoi que ce soit : ils sont donc particulièrement choquants. Il n’en reste pas moins qu’ils tuent beaucoup moins que des causes a priori improbables, tel le cancer du sein… chez l’homme 1.Ici les statistiques sur le cancer du sein chez l’homme ont été corrigées du sex ratio, la population d’hommes étant de seulement 51.21% de la population générale. Le nombre présenté est le nombre de décès par cancer du sein si la population française n’était composée que d’hommes..

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Mais le terrorisme est irrégulier, de la même manière que les accidents d’avion. Si nous comparons les pires années récentes (et nous sommes effectivement au milieu d’une série assez catastrophique) ce constat reste vrai : le terrorisme tue très peu en France.

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L‘élément moral, la haine exprimée par les terroristes, influe sur nos émotions et il est évident qu’il faut dédier des ressources importantes pour les combattre. Il faut toutefois garder la tête froide et se rappeler que le terrorisme est une erreur d’arrondi à la quatrième décimale par rapport au nombre de décès en France, pour les pires années. Et qu’en tant qu’homme j’ai bien plus de chances de mourir d’un cancer du sein que d’une attaque terroriste…2.Pratiquant aussi la plongée technique, mon risque de décès par cette activité est bien supérieur, d’environ 0.2-0.5%/an. Pour donner une comparaison, la probabilité pour une personne présente sur la promenade des anglais le 14 juillet 2016 de mourir était d’environ 0.28%, et c’est en ayant déjà la malchance d’être sur les lieux de l’attentat.3.La plongée récréative est plus sure d’un gros ordre de grandeur.

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Comme d’habitude, toutes les données ainsi que leurs sources sont disponibles ici.

Notes   [ + ]

1. Ici les statistiques sur le cancer du sein chez l’homme ont été corrigées du sex ratio, la population d’hommes étant de seulement 51.21% de la population générale. Le nombre présenté est le nombre de décès par cancer du sein si la population française n’était composée que d’hommes.
2. Pratiquant aussi la plongée technique, mon risque de décès par cette activité est bien supérieur, d’environ 0.2-0.5%/an. Pour donner une comparaison, la probabilité pour une personne présente sur la promenade des anglais le 14 juillet 2016 de mourir était d’environ 0.28%, et c’est en ayant déjà la malchance d’être sur les lieux de l’attentat.
3. La plongée récréative est plus sure d’un gros ordre de grandeur.

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  1. Tu fais l’erreur que font beaucoup de gens en comparant des phénomènes incomparables. D’ailleurs tes graphiques montrent un début de réponse à ton argument.
    Le soucis de ton raisonnement, c’est que le terrorisme n’est pas un phénomène de type médiocristan ou assimilable. Si tu regardes les stats pour le morts sur les routes, tu vois bien qu’elles n’augmentent ou ne diminuent guère (à part une tendance de fond à peu près linéaire on va dire). Lorsqu’on parle de terrorisme, on est plutôt dans la théorie du chaos et l’exponentielle.
    Pour parler imagé, tes voitures ne vont pas prendre des kalashs le week end de Pâques et se mettre à mitrailler tout ce qui bouge.

    Ce qui fait peur en matière de terrorisme n’est évidemment pas le nombre de mort, mais le risque d’embrasement. C’est comparable à un virus tel que Hébola.

    Entre 2014 et 2015, le terrorisme a tué 50 FOIS PLUS. Je peux t’assurer que si les stats du week end de Pâques étaient aussi volatile, on s’en soucierait un peu plus. Maintenant imagine qu’il y a 7500 victimes en 2017 (soit 50x plus), redirais tu que bof, c’est comparable aux morts de la grippe hivernale en France?

  2. Je suis bien conscient de la fat tail à droite du terrorisme, raison pour laquelle je le compare aux catastrophes aériennes qui présentent le même profil. Reste que même les événements extrêmes restent négligeables face aux autres causes de décès.

    Le risque d’embrasement que tu pointes dépend plus d’une mauvaise analyse des risques, et d’une panique face à un risque qui reste négligeable que du terrorisme lui même : c’est bien ce que je rappelle ici.

    Un attentat faisant 10 000 morts est possible, mais très peu probable. A ce niveau nous parlons probablement d’une bombe sale ou d’une arme nucléaire artisanale avec un yield de quelques kilotonnes, similaire aux premiers tests nucléaires nord coréens. Ce genre d’attentat est extrêmement difficile à organiser, et comme tu le dis toi même, cela nous amènerait à peu près à une mauvaise année de grippe. Ce serait significatif mais, sauf la réaction instinctive de la population, absolument pas menaçant pour la civilisation française.

    Le risque du terrorisme est notre réaction, pas le terrorisme lui même.

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