Suite à une rencontre émaillée d’incidents entre Metz et l’OL, la LFP a décidé d’une sanction de deux points pour Metz qui est loin d’avoir fait l’unanimité, le club lyonnais préférant obtenir le gain du match.

Je ne suis pas du tout fan de football 1.Et il est possible que mon scenario ne soit pas footbalistiquement crédible, d’ailleurs., mais c’est un exemple simple des effets pervers que peuvent avoir certaines structures de sanction ou d’incitation dans des domaines aussi variés que la finance ou la diplomatie, et à ce titre un cas très didactique.

Jean-Michel Aulas est dans son rôle de chercher à influencer la décision en faveur de son équipe mais sa position est indéfendable : favoriser ainsi son équipe revient à punir les 19 équipes autres que l’OL pour le comportement des supporters messins. Donner le match à Lyon a en effet les mêmes effets que de retirer des points à toutes les autres équipes.

Je sais que celà ne convaincra pas les Lyonnais, aussi je leur propose ce petit exemple imaginaire, qui leur donnera une autre perspective.

Le scénario

Dernière journée de chammpionnat, le classement est le suivant 2.cf supra, ça pourrait être du handball ou de la pelote basque ce serait pareil. :

  • 2 ème avec 72 pts : OM
  • 3 ème avec 71 pts : OL (avec l’avantage à la différence de buts)
  • 4 ème avec 70 pts : PSG (avantage sur l’OM à la différence de buts sur l’OM mais pas sur l’OL)

Lors d’une rencontre tendue entre l’OM et le PSG, suivie avec attention par les supporters de l’OL qui craignent pour leur qualification européenne, le gardien parisien est agressé par des supporters marseillais 3.Toute ressemblance avec des faits réels, etc. et l’arbitre interrompt le match alors que les parisiens sont menés 1-0.

Vous avez deux possibilités pour sanctionner les débordements :

  • priver l’OM de deux points (option LFP)
  • donner le match au PSG (option Aulas4.Qui changerait d’avis dans ces circonstances, à mon humble avis.)

Le premier cas est défavorable pour l’OM qui paie ses débordements : alors que le club était qualifié pour la ligue des champions (au moins via la troisième place) il doit maintenant absolument gagner son match contre Paris.

Il est positif pour l’OL, à qui il garantit la 3ème place qualificative (voire la seconde en cas de nul PSG-OM) en ligue des champions, qui ne pouvait échapper à l’OM. Il est enfin positif pour le PSG, qui peut se satisfaire d’un nul pour se qualifier. C’est une solution saine pour sanctionner l’OM.

La seconde possibilité est très favorable au PSG qui s’empare de la seconde place qualificative, mais n’est pas si défavorable à l’OM qui récupère la troisième et reste qualifié. Le vrai puni ici est l’OL, qui se voit sortir des places qualificatives pour la ligue des champions par cet incident.

Sans être devin, je pense que Jean-Michel Aulas serait dans ce cas un chaud partisan de la première option, qui punit le coupable, plutôt que de la seconde qui attribue aléatoirement la punition à son club. Dans le cas réel la question est encore plus tranchée puisqu’il est impossible de savoir à l’avance qui subira la punition en cas d’attribution de la victoire à Paris, le classement final étant encore inconnu.

Au delà du football

Ce cas n’est pas isolé, et il est fréquent que les mécanismes d’incitation ou de sanction mal conçus aient des effets qui ne sont pas ceux attendus.

Ainsi, une incitation fiscale mal conçue, destinée à aider les particuliers à acquérir un équipement économe en énergie avant une date donnée, peut-elle être détournée largement au profit du nombre limité de professionnels capable d’effectuer l’installation dans les temps, qui pourront demander une rémunération supplémentaire couvrant la majorité de la prime.

Similairement, des sanctions importantes pour des violations d’une réglementation complexe peut in fine dissuader les PMEs de s’engager sur un marché, favorisant les grandes entreprises en place, et leur permettant de reporter le coût des amendes sur leurs clients.

Comme souvent, les solutions qui apparaissent les plus simples peuvent parfois manquer complètement leur but5.Pun intended.. L’enfer est pavé, dit-on, de bonnes intentions.

Notes   [ + ]

1. Et il est possible que mon scenario ne soit pas footbalistiquement crédible, d’ailleurs.
2. cf supra, ça pourrait être du handball ou de la pelote basque ce serait pareil.
3. Toute ressemblance avec des faits réels, etc.
4. Qui changerait d’avis dans ces circonstances, à mon humble avis.
5. Pun intended.